| La Forêt suspendue,
Lucie Lom
Cette forêt suspendue est l'équivalent d'une forêt de
300 arbres plantés à l'envers à 17 m. de hauteur, composée de quatre essences d’arbres
différentes : châtaignier, chêne rouge, érable sycomore et aulne. Ces arbres de 2, 3 et 4 mètres
d’envergure seront fabriqués à partir de feuillages synthétiques importés de Chine, ignifugés et
fixés sur des troncs et branches reconstitués en France.
Répartis sur l’ensemble de la structure, des minis haut-parleurs type Bose, tropicalisés, diffuseront
une musique originale écrite par Patrice Grupallo. Cette musique sera composée de fragments
différents selon l’endroit de la rue où l’on se trouvera. Les chants d’oiseaux et les sonorités
éoliennes qui l’inspirent, outre qu’elles conforteront le caractère
poétique de l’installation, émergeront de la gamme aiguë laquelle sera en mesure de supporter la
concurrence du trafic urbain. La lumière entièrement intégrée au décor,
l’habitera, lui donnant toute sa profondeur, et l’éclairera autant qu’elle fera naître des
ombres et du mystère.
Les projecteurs permettront une variation de couleur selon les différentes
ambiances dont la forêt s’habillera.
Lucie Lom n’est pas une personne physique. Cette anagramme formée d’initiales est sujette à interprétation,
ce que Philippe Leduc et Marc Antoine Mathieu s’attachent précisément à retranscrire dans
leurs œuvres.
L’agence de graphistes scénographes, Lucie Lom, s’est spécialisée dans la création d’expositions et a réalisé, entre autres, Espagne-Espagne en 1989 et God Save the Comics en 1990 pour Angoulême, ainsi que plusieurs espaces de l’exposition Opéra Bulles à la Grande Halle de la Villette en 1991. Tout en poursuivant leur activité de graphistes pour des commandes à caractère culturel ou social, les deux amis ont mis en scène une trentaine d’expositions
sur des sujets ayant trait aux arts plastiques, l’environnement ou l’histoire.
La forme et l’atmosphère particulière de leurs scénographies proposent un rapport nouveau entre le public et les œuvres. La découverte des sujets passe alors par le plaisir de l’esprit et des sens.
Les expositions consistent en des parcours mis en scène autour d’une thématique. Le décor, le son, la lumière contribuent alors à éclairer les choix qui ont prévalu à la réunion des œuvres. Aux effets spéciaux démonstratifs, c’est la justesse des moyens qui est préférée : un parquet qui grince, une ombre portée, du sable qui s’enfonce sous les
pas… Tout s’adressant à la mémoire et l’imaginaire du visiteur. Car c’est par la suggestion que le regard devient sensible.
Après s’être illustrée dans de multiples registres, que sont les
affiches, le théâtre et les spectacles, les muséographies ou les salons, Lucie Lom se
tourne,
en 2004, vers le monde des métamorphoses et propose une installation urbaine originale
directement inspirée du rêve et de la féerie.
Avec ce projet, Lucie Lom nous en donne sa vision : " Après l’été, les arbres ont fait du chemin et
les voici qui, sans bousculer l’apparence de la rue, la chamboulent par une juxtaposition singulière.La tête en bas, ils composent une forêt inversée et avec elle des rêves pour un début de
XXIe siècle qui renouerait avec la nature ou retrouverait avec elle ses propres repères ".
Plus fort que les jardins verticaux, voici la forêt suspendue.

Roubaix, Grand-Place
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