Une page de ...
l'histoire de la Télévision
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par Nicolas Chalmin
Dans un article consacré à mon grand-père, le quotidien "La
Croix du Nord", du jeudi 6 Octobre 1949 , titre :
:"La télévision, cette dernière
découverte du domaine radio-éléctrique qui semblait piétiner depuis
bientôt dix ans, prend maintenant un essor de bon augure"...
Voici donc la petite histoire d'un passionné qui a participé
activement à cet "essor de la télévision"
Nous sommes en 1924. Dans un
petit atelier du garage automobile paternel, rue de la République à
Bruay-en-Artois, le jeune Paul Chalmin, âgé de 13 ans s'intéresse vivement aux
nouvelles inventions de la radio-électricité. Il fabrique déjà plusieurs postes à
galène. En 1927, il vend le premier poste à lampe qu'il a réalisé.
Son attention se porte
désormais sur une nouvelle invention venue d'outre-manche la " Télévision
mécanique", principe appliqué pour la première fois par un certain
John Baird en 1926. Curieux par nature, mon grand-père étudie le procédé et
s'applique à l'élaboration d'un récepteur basé sur le principe des disques de Nipkow
calculant exactement les trous dans une circonférence donnée. La construction
et la mise au point d'un poste demandent une grande patience, des connaissances assez
étendues dans la matière radio-électrique, un matériel onéreux et parfois, quand tous
les obstacles sont supprimés, ce peut être un résultat décevant qui décourage
l'amateur; pas mon grand-père. De plus, il ne peut recevoir que des images d'Angleterre.
En effet, aucun émetteur n'existait en France ! Expérimenter son matériel dans ces
conditions est théoriquement impossible. La difficulté le stimule. Deux fois par
semaine, de 23 H 30 à minuit, la station de " Midlands régional " distante de
plus de 250 kilomètres, émet un programme sur 1200 m grandes ondes et de 30 lignes de
définition. Mais la télévision mécanique a ses limites. Le disque de Nipkow
donne une image restreinte et de mauvaise qualité. Pour le mettre en évidence, il faut
alors placer devant, une loupe. Un soir de 1932, à force de tâtonnements, l'écran
minuscule se peuple d'ombres. Un speaker anglais apparaît !
La formidable nouvelle se répand alors dans les milieux avertis qui n'ont jusqu'alors
jamais réussi à capter une seule image même en se trouvant à une cinquantaine de
kilomètres du même émetteur !
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Paul Chalmin devant son atelier dont il a fabriqué
la plupart des instruments de mesure

Récepteur de "RadioVision mécanique" ( cliquez
pour agrandir)
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Les visites se multiplient.
Des ingénieurs se succèdent dans l'atelier où certains soirs, de 23 H 30 à minuit, la
lampe au néon et le disque de Nipkow font surgir comme par magie des images fortement
ombrées. L'effet tient à leurs yeux du miracle.
Nous ne sommes ici qu'au commencement d'une nouvelle ère . Le procédé mécanique est
abandonné.Le tube cathodique apparait après 1933.La télévision va se révéler au
grand public lors de l'Exposition Universelle de 1937. Mon grand-père, spectateur
intéressé, imagine sans peine les possibilités qu'offre une telle technique.
La guerre freine considérablement l'évolution de la télévision en France .Après la
libération, le matériel de construction radio était pratiquement introuvable. Mon
grand-père récupére des pièces détachées sur des émetteurs et récepteurs portatifs
allemand et fabrique un appareil de télévision. Un an est nécessaire à la construction
et à la mise au point délicate. Puis, les essais lui donne satisfaction. |
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1947. Il capte les
émissions de Londres et de Paris. C'est alors qu'il suscite l'intérêt de la presse
régionale mais aussi nationale.
Le 20 novembre de cette année, à leur domicile, Mr et Mme Chalmin, leurs enfants,
entourés d'amis, ont le privilège de suivre en images la cérémonie de mariage entre la
princesse Elisabeth et le duc d'Edimbourg sur un écran de 12 cm agrandi par loupe.
Toutefois, un sérieux inconvénient contrarie les émissions. Les appareils étant d'une
sensibilité extrême, l'allumage des moteurs à explosion trouble l'image. Dès qu'une
automobile passe au dehors, des parasites se manifestent sur l'écran. La séquence se
trouve hachée. C'est pour cette raison que mon grand-père a sollicité et obtenu de la
municipalité l'autorisation d'installer son appareil dans une pièce d'éducation
physique du stade-parc,mieux dégagé; son antenne gagne ainsi en hauteur et la plupart
des parasites disparaissent. De longs efforts sont enfin couronnés de succès. De plus,
il a l'intention de faire profiter les bruaysiens de cette découverte. C'est dans cette
salle que, le 2 juin 1953, plusieurs centaines de personnes vinrent assister à la
cérémonie du Couronnement de la reine Elisabeth. C'est pourquoi cet événement
historique est très lié à la mémoire bruaysienne.
Rappelons qu'à l'époque, les propriétaires de téléviseurs sont très rares. Bruay
entre alors dans la civilisation de l'image....
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Photos prises sur le téléviseur en 1953
En février 1967,
près de huit millions de téléspectateurs peuvent suivre dans
l'émission de Jean Nohain, " 36 chandelles ", le parcours de Paul
Chalmin considéré comme un des pionniers de la télévision dans le Nord où il montre
en gros plan le tube cathodique à 39 lampes, monté sur simple châssis, qui lui avait
permis de suivre le couronnement de la reine Elisabeth II.
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